Subscribe Now
Trending News
Blog

[INTERVIEW] Khtek 


  • Q1: Je vais commencer par la première question que je pose à tous mes invités, qu’est ce que la masculinité pour toi?
    • R1: Je pense que le terme “Rojola†est des fois attribué aux hommes de façon à décrire quelque chose de purement masculine. Toutefois, pour moi, c’est un terme qui a une signification positive en Darija, il s’y est utilisé pour référer à quelqu’un qui a de bons principes et de bonnes manières, même si ce terme est peut être lié à l’homme étymologiquement, je pense qu’il doit être enlevé de son contexte masculin négatif pour devenir un mot qu’on peut utiliser plus largement, car, personnellement je trouve le mot “Rojola†très frappant, ayant une connotation positive.
  • Q2: Sauf faute de ma part, vous êtes l’une des rares rappeuses au Maroc. Qu’est ce que vous pouvez nous dire sur le fait d’être une femme dans le milieu du Rap?
    • R2: D’abord, je voudrais préciser qu’il existe au Maroc beaucoup de femmes qui font le Rap, même si elles restent bien sûr minoritaires face au nombre de rappeur hommes. Le fait d’exercer le Rap peut être parfois difficile, car on a un contact régulier avec d’autres hommes, on se retrouve dans des studios où il y a une domination masculine, donc on ne peut pas dire que toutes fès femmes peuvent faire cela vu que nous vivons dans une société où la fille peut être interdites de fréquenter ce genre d’espaces par leurs familles, tout cela vous pousse à sortir de votre zone de confort en fréquentant ces espaces où il ya la domination masculine, il faut aussi s’adapter au milieu du Rap, à ses codes, et il faut aussi imposer son respect en prouvant qu’on est pas un objet, qu’on a un certain intellect et un certain talent, donc cela reste un vrai défi, et une lutte car on doit quotidiennement faire preuve de quelque chose. Or il y a aussi le côté des critiques qui parfois, ne sont même pas à propos de la discipline artistique, mais qui critiquent votre existence en tant que femme.
    • Q3:  Khtek, pensez-vous qu’on peut appeler du féminisme le fait d’être rappeuse dans un milieu dominé par les hommes?
    • R3: Oui, je pense que c’est clair que c’est du féminisme, sauf si la personne concernée ne le voit pas en tant que lutte féministe, car il se peut que d’autres artistes considèrent que le rap n’est qu’une simple discipline artistique qui ne réfère pas à la lutte ou au féminisme. Moi je considère que chaque chose que nous faisons a une connotation politique, militante ou sociétale, de ce fait, c’est un engagement car tout est politique. Je considère que mon existence au sein de la scène du Rap me donne une grande responsabilité, j’essaie donc d’avoir un certain impact et contribuer au changement de la société. On devient donc un porte parole des femmes, cela vient avec une responsabilité de déconstruction des stéréotypes. Donc bien sur que être rappeuse est une lutte féministe.
  • Q3: Khtek, puisque vous êtes féministe, rappeuse et réalisatrice, je voudrais savoir, en se basant sur votre exprience, et ce que vous pensez qu’on peut être homme et féministe?
    • R3: Cette question est très difficile, car il y a beaucoup d’hommes qui peuvent dire qu’ils sont féministes, que la société considère comme féministes juste parce qu’ils sont solidaires avec les femmes dans leurs luttes, ou parce qu’ils comprennent les discriminations que vivent les femmes quotidiennement, mais tout cela ne suffit pas pour être féministe, car il faut être femme, pas dans le sens biologique du terme, mais il faut comprendre ce qu’est la femme pour être féministe. Du coup, je pense que les hommes peuvent être des alliés, c’est des hommes qui sont solidaires, qui peuvent aider les femmes dans leur lutte, ils peuvent même être notre porte parole dans des espaces où nous ne pouvons pas nous imposer, ou dans des espaces auxquels nous ne pouvons pas accéder. Mais à vrai dire, l’homme ne peut pas être féministe mais peut être un allié.
  • Q4: Khtek, est ce qu’on peut dire que le milieu artistique est un échantillon de la société patriarcale ou de la société marocaine où il y a du harcèlement, de la violence envers les femmes, du mansplaining, du manspreading, etc. Qu’est ce pouvez-vous nous dire sur cet espace?
    • R4: Je pense que puisque notre société est machiste, misogyne, qui impose à la femme de se comporter d’une certaine façon, une société qui exerce une violence soit morale, physique ou verbale envers la femme, on ne peut pas ne pas trouver dans un milieu qui en fait partie les mêmes choses.  Donc bien sûr dans n’importe quel cadre on va trouver une représentation sociale des composantes de la société, que ce soit dans les cadres sportifs, sur internet, dans les milieux artistiques. Tant qu’on n’a pas résolu les racines du problème, de manière radicale, on ne peut pas attendre  d’être dans des espaces où ces problèmes ne sont pas présents.
  • Q5: Trouvez-vous qu’il y a une instrumentalisation de la cause féministe au sein du milieu artistique? 
    • R5: Je trouve que même les femmes peuvent être dans cette instrumentalisation, car parfois il y a des causes qui deviennent des tendances, qui rapportent de l’argent. Donc je pense que c’est normal d’être dans la tendance pour rester politiquement correcte et pour garder une bonne image vis à vis du publique. Des fois cela peut même attirer des marques ou des collaborations, donc cela va attirer un gain financier. C’est pour cela que je considère qu’il ne faut pas que ça se confonde. Surtout pour le cas des hommes, je pense que certes ils peuvent être solidaires, mais ils n’ont pas à représenter certaines causes. De la même manière qu’on trouve inacceptable de trouver une conférence à propos du féminisme encadrée par des hommes, il est aussi inacceptable, dans le milieu artistique, de voir des hommes représenter les femmes et parler de leurs problèmes, ou le fait que les femmes sont inexistantes ou invisibilisées dans le domaine.
  • Q6: Khtek, pensez-vous qu’on peut parler d’un genre intitulé “art féministeâ€?
    • R6: A vrai dire, à partir de mon expérience personnelle et pas de manière absolue, je trouve que mon art n’est pas féministe. Mon art n’a pas de label, ni d’appartenance, ni d’idéologie, c’est une expression artistique intime, qui inclut le féminisme, mon identité amazigh, etc, car mon art provient de moi. Donc puisque je sui féministe, automatiquement mon art va avoir un aspect féministe. Mais personnellement, je ne crois pas que je dit donner à mon art un certain lable, surtout un label idéologique ou identitaire, car je trouve que l’art est la seule chose où on peut se produire, militer et exprimer beaucoup de choses sans se limiter à un certain cadre ou label, car l’art reste notre seule marge de liberté pour nous exprimer.
  • Q7: Khtek, pour revenir à Machi Rojola, le podcast qui remet en question la masculinité au Maroc, je voudrais vous interroger sur l’homme marocain.
    • R7: Pour parler de l’homme maocain, avant de parler de ce qui est clair et évident, je dirais que l’homme marocain est un allié, l’homme marocain est notre frère, notre père, notre ami, le gardien, le commerçant, les gens qu’on rencontre chaque jour. Mais en même temps, l’homme marocain est un symbole de cette société qui après toutes ces années est encore dans cette même base, qui est même pas traditionnelle, mais archaïque, je trouve donc que l’homme marocain la symbolise, car il fait partie des outils utilisés par le patriarcat, que ce soit dans la rue, à travers le harcèlement, ou dans les commentaires sur internet, aussi dans le fait que le chauffeur du taxi vous dit quelque chose d’incroyablement sexiste, etc. Donc je trouve que l‘homme marocain est comme nous, car nous sommes en contact régulier avec lui. Mais en même temps c’est un rappel qu’il y a encore beaucoup de choses à changer dans cette société, et que notre travail en tant que féministes ne se termine pas ici.  En même temps je pense qu’on ne peut pas traiter l’homme marocain de victime, mais plutôt d’un résultat de plusieurs années d’ne certaine façon de penser, de discrimination, etc.
  • Q8: Vous êtes rappeuse et féministe, et vous faites aussi des études d’art, comment tout cela  peut contribuer en la construction d’une société basée sur la justice sociale et sur l’égalité entre tous les genres et toutes les identités de genre?
    • R8: Je ne suis ni pessimiste ni optimiste ou trop idéaliste. Par rapport à comment l’art peut être l’outil avec lequel on peut changer ce système, et l’outil qui peut être utilisé par la lutte féministe et la lutte LGBTQI, pour etre réaliste, la situation de la femme ou la sitation de toutes les minorités au Maroc ne va pas changer d’ici le lendemain, ni d’ici 10 ans. C’est vrai que l’art peut aider, c’est un outil qui peut donner une marge pour s’exprimer, exprimer des avis qu’on ne peut pas extérioriser ailleurs à travers la métaphore, les mélodies, le dessin, etc. L’art n’est qu’un outil, certes c’est une chose qui est importante et primordiale, mais je pense que l’action civile dans le terrain, dans les espaces publics, et le travail de la société civile doivent se multiplier. Ce n’est pas logique de voir que seuls les artistes qui ont un publique ont un certain impact, car leur discours est adapté à la société, alors que les organismes, les associations et tout ce qui est institutionnel ont un discours qui n’est pas compréhensible, donc je ne crois pas qu’on a toujours besoin de ça. Si les organismes ont eu l’idée de faire certains séminaires ou actions, qui demandent un grand budget,  il faut au lieu de cela qu’ils ramènent des artistes pour organiser des ateliers d’écriture, par exemple, de dessin, etc. Par exemple, au cours d’une campagne de sensibilisation, pourquoi ne pas inviter un rappeur pour parler du sujet puisqu’il a une cible qui est un public  large incluant toutes les tranches sociales. On est toujours dans l’idéalisation, toujours dans les grands termes incompréhensibles et complexes, donc je pense qu’il faut que la société civile doit comprendre l’impact de l’art, surtout le rap, ayant un lien direct avec la société, toutes tranches d’âges et mindsets confondus, donc il faut comprendre que le rap est utile, et qu’il faut qu’il soit intégré dans le travail de ces acteurs de la société civile.
  • Q9: Une génération queer qui n’existe pas encore officiellement au Maroc, mais qui existe bien dans la réalité, qui est présente dans les réseaux sociaux, quand je parle à ces personnes, elles me disent que Khtek nous représente, qu’en pensez-vous?
    • R9: C’est une chose qui me fait un peu peur, de représenter… je ne dirais pas minorité, mais une très belle existence, qui est encore invisible, qui n’est pas encore présente et valide, le fait que je la représente dans une discipline artistique qui est vraiment complexe est une grande responsabilité. C’est le fait d’être le porte parole dans un domaine qui est très difficile, ou on peut imposer les identités dans lesquelles on croit, et qui avant d’être des identités qui ne sont pas valides, ces personnes sont mes amies, ma communauté. Donc le fait que j’ai pu m’intégrer dans le rap, et que j’ai pu avoir un large public auquel je peux communiquer des messages. Il faut aussi que ces personnes croient en moi, ça me fait plaisir d’avoir cette confiance, mais en même temps cela est une grande responsabilité que j’espère pouvoir supporter.
  • Q10: Après avoir parlé des queers, je voudrais revenir aux hommes, le public de Khtek contient beaucoup d’identités de genre, comment est le fan masculin de Khtek, comment se comporte-il avec elle?
    • R10: il y a beaucoup de genres, il y a d’une part le public de Khtek qui la respecte car elle elle est Khtou, sa soeur, pas parce qu’elle est femme. Au début, le choix du nom de Khtek (ta sÅ“ur) était quelque chose de purement provocant, mais après Khtek, l’insulte a été appropriée et est maintenant utilisée pour des fins positives. Donc je suis heureuse parce que j’ai pu fair un peu d’impacte par rapport à ce point. Or, je pourrais dire que tellement le public est varié, on n’arrive pas à le comprendre. Il y a ceux qui me soutiennent car ils croient en moi en tant qu’artiste, il y a aussi ceux qui me soutiennent tout simplement parce que je suis une femme dans une discipline qui est difficile, et il y a un public qui m’aime, qui connait mes chansons par coeur, qui me supporte mais qui m’insulte en même temps, je trouve que ce dernier est la représentation pure et dure de la société marocaine et de l’homme marocain dont on parle depuis tout à l’heure. C’est la personne schizophrène, qui va se prendre en photo avec moi dans la rue, me féliciter, mais qui va, sur les réseaux sociaux, me lyncher et m’insulter. Des fois même je partage des trucs sur Facebook où il y a des gens qui me félicitent, qui me remercient pour ce que je fais,  et qui m’envoient le lendemain un message pour me harceler et me dire tous les trucs qu’ils veulent me faire. Donc il est difficile de cerner quoique ce soit, car tellement la société marocaine est folle, le public du rap l’est encore plus.
  • Q11: Parlons maintenant des femmes et les filles qui vous suivent, d’une façon générale, que voient-elle en vous, est ce que c’est la féministe qui va parler pour elles, la femme dans laquelle elles peuvent se retrouver, le courage, le rêve qu’elles n’ont pas pu accomplir…?
  • R11: Franchement, il y a de tout. Il y a le support inconditionnel, qui est logique, car la femme doit supporter les autres femmes. Ce que je ne comprend pas c’est qu’il y avait pleins d’artistes femmes avant moi, mais je me suis trouvé dans une position où j’ai ouvert une porte de possibilités, puisque je l’ai fait, vous pouvez le faire aussi, comme moi j’ai défié la société , fait des featuring, fait des erreurs dans les réseaux sociaux, parlé d’un langage inapproprié sur les réseaux sociaux et comme après toutes ces erreurs je suis arrivé à connaître la stratégie avec laquelle je vais travailler sans que j’abandonne, celà a ouvert à plein d’autres femmes la possibilité de faire quelque chose, pas forcément dans le rap, mais dans toutes les disciplines. Je ne dois pas être l’exception, car il existe beaucoup de femmes qui font plein de choses, mais qui n’ont pas la visibilité, qui n’ont pas le support, qui sont encore dans l’incapacité à montrer ce qu’elles font à leurs parents… donc j’espère que le courage que j’ai eu puisse affecter d’autres femmes pour qu’elles foncent.
  • Q12: Khtek est ce que cela pose un problème de jurer en tant que femme? Surtout dans le rap où il y a normalement une grande liberté ?
    • R12: C’est vrai qu’il y a ce problème, on vous critique en disant que vous jurez, que vous êtes mal éduquée, que vous n’êtes pas féminine, alors que pour moi,le fait de jurer est un hobby. Je pense que les expressions grossières n’ont aucune relation avec la féminité. C’est amusant de jurer, ça permet d’exprimer des choses avec une façon réaliste. De plus, nous les marocains, on jure beaucoup, on peut être avec son père dans la rue et entendre quelqu’un insulter une autre personne avec tous les mots. je ne comprend pas pourquoi quand on est une femme ont doit se comporter d’une certaine manière, alors que dans mon cas, j’ai commencé à jurer dans tous mes projets sauf  quelques projets où la directien artistique est clean, que je ne veux pas qu’ils soient explicites, je ne voit pas pourquoi je ne doit pas jurer si moi je veux le faire. Pourquoi m’auto-censurer? Car le public ou l’homme marocain ne me trouvera-t-il pas assez féminine? A vrai dire, j’avais ce problème même avec ma famille, j’avais peur que mes parents écoutent mes chansons et se choquent parce que j’utilise des gros mots, mais après je me réconcilié avec le fait que je suis comme ça, je m’exprime comme ça, et je suis sincère, donc il n’y a aucun problème.
  • Q13: Je voudrais vous poser une question que j’ai entendu de la part de beaucoup d’hommes qui écoutent ces podcasts, beaucoup de personnes que j’ai interviewé m’ont dit que l’ennemi de la femme est la femme elle même. Je sais que beaucoup de ces hommes vont entendre cet épisode de Khtek et je voudrais que vous leur répondiez.
    • R13: On ne peut pas nier que des fois l’ennemi de la femme peut être la femme. Comme beaucoup d’artistes qui reproduisent le schéma du patriarcat dans leurs disques, l’image qu’elles véhiculent, les stéréotypes attribués aux femmes. Mais je ne vais pas leur attribuer la totale responsabilité, même si j’affirme qu’on doit être conscient que l’image qu’on véhicule, si elle retrace et représente de mauvaises choses et des discriminations, on doit en être conscients.  Il y a des artistes qui disent des choses qui détruisent tout l’effort que font les artistes féministes qui ont une certaine conscience. Or, globalement, je ne trouve pas que l’ennemi de la femme est la femme, l’ennemi de la femme est plutôt ce qu’on nous montre dans la publicité, comment on doit être, du corps parfait, de la compétition, etc. Les exemples de cette compétition qu’on nous a inculqué en grandissant sont innombrables, on nous a appris à vivre chaque jour dans une compétition par rapport au corps, au langage, à la douceur, etc. Je trouve qu’on n’est pas responsables de tout cela en tant que femmes, même si on acquiert une certaine responsabilité avec l’âge pour déconstruire ce que nous vivons. Mais c’est surtout le capitalisme, le patriarcat, les publicités, même l’industrie de la beauté, le maquillage, les marques, etc, qui sont les premiers responsables de la rivalité éternelle présente entre les femmes. Les femmes doivent comprendre  que cette compétition ne doit même pas exister.
  • Q14: Khtek, qui sont les hommes de demain?
    • R14: Des hommes qui ont compris que la masculinité n’est pas la violence, ni la domination, et surtout pas le testostérone. La masculinité n’est pas l’égo, ni le fait de piétiner les femmes pour se sentir homme, ce n’est pas la paternité toxique. L’homme de demain est celui qui va comprendre que la force physique ne veut rien dire, que la communication est la solution, que la femme n’est pas forcèment l’exemple qu’il voit dans sa mère… c’est ceux là les hommes de demain.
  • Q15: Une dernière question, comme vous vous êtes réapproprié Khtek, nous nous sommes réapproprié Machi Rojola,pour parler aux hommes toxiques en utilisant leur langage,  nous avons donné à Machi Rojola la signification de ne pas être sexiste, ni misogyne, etc. Nous voudrions que vous parliez directement à ces hommes et leur dire ce qu’est Machi Rojola.
  • R15: Machi Rojola est de me harceler dans la rue alors que je ne suis clairement pas intéressé par toi, de me couper la parole car tu crois que tu as toujours raison, de sentir que j’ai pris ta place car j’ai du succès dans ma carrière, je parle de façon personnelle… ne m’attaque pas car j’ai les cheveux courts et me dire que je suis lesbienne, car être lesbienne n’est pas une insulte, ne me vois pas comme un simple corps et un objet sexuel car je suis au delà de ça, et ne soit pas Machi Rojola.

La reazione del corpo femminile per carezze sessuali è composta da quattro tappe: eccitazione, plateau, orgasmo, giunzione. In fase di eccitazione, i muscoli intimi e i capezzoli sono tesi a una donna, il battito cardiaco, il respiro diventa più profondo e intermittente, l’afflusso di sangue ai genitali è https://farmaciapotenza.com/priligy-generico-acquistare/ Già in questa fase, inizia i preparativi per il bilanciamento sull’orlo del piacere.

fr_FRFrench